Week-end détente et gastronomie en Provence Luberon : l’itinéraire gourmand depuis Aix

Village perché du Luberon entouré de champs de lavande au coucher du soleil

Deux jours dans le Luberon, ça suffit pour comprendre pourquoi Camus avait choisi de vivre à Lourmarin et Picasso à Vauvenargues. Le parc naturel régional couvre 77 communes en pierre dorée, posées entre champs de lavande, oliveraies et vignobles AOP. Pour un week-end détente et gastronomie en Provence Luberon réussi, le mieux reste de partir d’Aix-en-Provence : 40 minutes de route vous séparent des premiers villages perchés, et la ville offre une bonne base pour rentrer dîner le soir si vous préférez ne pas dormir sur place.

Ce guide rassemble les bonnes adresses testées par notre équipe, les marchés à ne pas rater, les domaines viticoles qui valent le détour et les tables où poser ses couverts. On a aussi gardé une section sur les hôtels-spa pour ceux qui veulent ralentir.

Aix-en-Provence, point de départ idéal pour un week-end en Luberon

Beaucoup de visiteurs négligent Aix au profit du Luberon. C’est une erreur. La ville mérite une matinée complète avant de filer vers Apt ou Bonnieux. Le cours Mirabeau, ses platanes et ses fontaines moussues posent le décor. Le marché du mardi, jeudi et samedi place Richelme déborde d’olives lucques, de tomes du Ventoux et de fougasses encore tièdes.

Pour approfondir votre connaissance de la gastronomie provençale, découvrez son histoire riche de 2600 ans.

Pour un déjeuner avant la route, plusieurs tables aixoises proposent une cuisine provençale revisitée à base de produits du Luberon : agneau de Sisteron IGP, légumes des Alpilles, huiles d’olive de la vallée des Baux. Notre restaurant Eden travaille notamment avec deux producteurs basés à Cucuron et à Ménerbes pour ses légumes d’été et ses fromages frais.

Côté pratique : Aix se trouve à 35 km de Cavaillon, 50 km d’Apt, 55 km de Gordes. Comptez 1 h de route en moyenne pour rejoindre les villages perchés du Luberon Nord, sauf en pleine saison estivale où il faut prévoir large. La D900 (ancienne route nationale) reste le trajet le plus direct, et le plus joli si vous voulez éviter l’autoroute payante.

Samedi matin : le marché d’Apt, temple des saveurs provençales

Si vous démarrez votre week-end un samedi, foncez vers Apt. Le marché s’étale sur la grande place Gabriel Péri chaque samedi matin de 8 h à 12 h 30. Il a été créé au XVIe sièclé et figure parmi les marchés d’exception français reconnus par le ministère de la Culture. En été, plus de 300 étals s’installent et débordent jusque dans les ruelles adjacentes.

Ce qu’on y trouve ne ressemble à aucun autre marché de Provence :

Pour accompagner votre déjeuner, pensez à composer un plateau de fromages provençaux avec les produits locaux.

  • Fruits confits d’Apt (la spécialité de la ville depuis le XIVe sièclé, encore produits par la maison Marliagues et Kerry)
  • Miels du Luberon, dont le miel de lavande AOP qui se récolte en juillet
  • Tapenades, anchoïades et caviar d’aubergines des producteurs locaux
  • Fromages de chèvre du Ventoux et tomes affinées en cave
  • Huiles d’olive AOP Provence et AOP vallée des Baux
  • Truffes noires en saison (de mi-novembre à mi-mars, vous trouverez le tuber melanosporum)

Petit conseil : arrivez avant 9 h 30 pour profiter du calme et pouvoir discuter avec les producteurs. Après 10 h 30, c’est la foule. Et n’oubliez pas un sac isotherme dans le coffre si vous achetez du fromage ou de la charcuterie, surtout entre juin et septembre.

À deux pas du marché, la cathédrale Sainte-Anne et l’ancien hôtel d’Albertas méritent un détour rapide. Comptez trois heures pour faire le marché tranquillement, déjeuner d’une fougasse et boire un café à la terrasse du Petit Bonneau.

Déjeuner gastronomique dans un village perché du Luberon

Déjeuner gastronomique dans un village perché du Luberon

Le Luberon concentre une densité de bonnes tables assez folle pour une zone aussi peu peuplée. Plusieurs adresses sortent du lot pour un déjeuner gastronomique sans casser la tirelire.

À Roussillon, le restaurant David tient sa réputation. Grande salle lumineuse, glycine centenaire en terrasse, vue sur les falaises ocres à travers les baies vitrées. La carte change selon les retours du marché : poisson du jour mariné façon tataki, cochon du Ventou et polenta croustillante, agneau accompagné d’une mousseline de courgettes à la lavande. Entrées entre 16 et 18 euros, plats à 32-35 euros. Réservation impérative au 04 90 05 60 13, surtout d’avril à octobre. Demandez une table près d’une fenêtre.

À Bonnieux, le Domaine de Capelongue (Edouard Loubet) propose une cuisine étoilée Michelin avec menu déjeuner à 95 euros (boissons non comprises). Plus accessible, le Carillon dans le vieux village fait une cuisine provençale soignée autour des produits du jardin, avec des menus à 38 euros.

À Ménerbes, La Bastide de Marie sert un déjeuner trois plats à 65 euros sur la terrasse à l’ombre du tilleul. Calissons d’Aix au dessert, vermentino du domaine au verre. Cadre de magazine.

À Lourmarin, L’Auberge la Fenière (Reine Sammut, étoile verte Michelin) défend une cuisine 100 % sans gluten et locavore. Menu à 65 euros le midi, expérience à part.

Si vous restez sur Aix après votre virée matinale, le restaurant Eden propose une carte provençale qui change tous les mois selon le marché du Luberon. Compter 45 euros pour trois plats. C’est moins onirique qu’un déjeuner perché à Gordes, mais ça reste une belle façon de prolonger l’expérience.

L’après-midi : ocres, vignobles et dégustations de vins du Luberon

Après le déjeuner, deux options s’offrent à vous selon votre rythme.

Option 1 : le sentier des Ocres à Roussillon. Deux parcours aménagés (30 ou 60 minutes) traversent un paysage de falaises rouge orangé qui rappelle Bryce Canyon en miniature. Plein tarif 2,50 euros, gratuit jusqu’à 10 ans. Les sentiers sont ombragés et bordés de panneaux pédagogiques sur la formation géologique des ocres. Évitez les chaussures blanches, le pigment colore tout ce qu’il touche.

Option 2 : la route des vins du Luberon. L’appellation AOP Luberon couvre 36 communes et 3 200 hectares. Plusieurs domaines ouvrent leurs caveaux le samedi après-midi pour des dégustations gratuites ou à prix modique.

Trois adresses qui valent le détour :

  • Château La Verrerie (Puget) : domaine en biodynamie sur 50 hectares, rosés délicats et rouges sur la fraîcheur. Visite libre du caveau du mardi au samedi.
  • Domaine de la Citadelle (Ménerbes) : musée du Tire-Bouchon sur place, dégustation de six vins offerte, terroir argilo-calcaire qui donne des rouges sur les fruits noirs.
  • Château Val Joanis (Pertuis) : jardins labellisés Jardin de France, restaurant sur place, visite des vignes à pied ou en vélo électrique.

Comptez 25 à 40 euros par bouteille pour un bon cru du Luberon. Les rosés sortent dans les 9 à 15 euros, les blancs autour de 14 à 22 euros. De quoi remplir son coffre sans se ruiner.

Hôtels de charme et bastides où poser ses valises

L’hébergement représente le poste de dépense principal d’un week-end Luberon. Voici quatre catégories selon votre budget.

Catégorie luxe (450 à 800 euros la nuit)

La Coquillade Provence Resort & Spa à Gargas. Cinq étoiles posé dans un hameau viticole du XIIIe sièclé, spa de 2 000 m², restaurant gastronomique étoilé, deux piscines extérieures, vignes à perte de vue. C’est l’adresse qui revient le plus dans les classements internationaux. Tarifs à partir de 605 euros la nuit en haute saison.

La Bastide de Gordes, dans le château du XVIIIe sièclé qui surplombe la vallée des Alpilles. Quatre restaurants, spa Sisley, piscines panoramiques. À partir de 659 euros, mais ça reste une expérience d’art de vivre rare.

Catégorie premium (250 à 450 euros)

La Bastide de Marie à Ménerbes. Mas du XVIIIe entouré de 23 hectares de vignes en AOP Ventoux. Deux piscines, spa, table d’hôte le soir. Atmosphère intime, calme absolu. À partir de 269 euros.

Le Jas de Gordes. Mas typique du Luberon en pierre sèche, niché dans un parc privé à 1,6 km de Gordes. Piscine chauffée, dîners simples mais soignés. À partir de 227 euros.

Catégorie maisons d’hôtes (120 à 220 euros)

Le Mas Les Eydins (Bonnieux). Bastide du XIXe avec restaurant étoilé Christophe Bacquié, cinq chambres seulement. Vue panoramique sur les champs de lavande. À partir de 250 euros.

La Maison Bistro & Suites à Cucuron. Cinq chambres au-dessus d’un restaurant gastronomique, bonne adresse pour les amateurs de cuisine.

Catégorie hôtels classiques (90 à 180 euros)

Pour les budgets serrés, plusieurs hôtels trois étoiles à Apt, Cavaillon ou Lourmarin font le job sans extravagance. La Clé des Champs à Roussillon (243 euros, piscine et jacuzzi) reste une bonne option intermédiaire.

Conseil pratique : réservez au moins six semaines à l’avance entre mai et septembre. Le Luberon affiche complet dès Pâques, particulièrement les week-ends de pont.

Dimanche matin : Gordes, l’abbaye de Sénanque et la lavande

Gordes a été classé plus beau village de France. La vue depuis le belvédère, juste avant d’entrer dans le village, est devenue iconique : maisons en pierre dorée empilées en amphithéâtre, château Renaissance au sommet, vallée d’Imergue en contrebas. Arrivez avant 10 h pour éviter les bus de touristes et la file devant le château.

Dans le village, les ruelles pavées montent et descendent en zigzag. Plusieurs galeries d’art et boutiques d’artisans occupent les anciennes maisons. La place du Château accueille un marché provençal le mardi matin (oubliez le samedi, c’est mort).

À 4 km de Gordes, l’abbaye de Sénanque vaut le détour absolu. Fondée en 1148 par les moines cisterciens, elle est encore habitée par une communauté monastique. La photo de l’abbaye au milieu des champs de lavande figure dans tous les guides de Provence. La floraison s’étale de mi-juin à mi-juillet, parfois jusqu’à la mi-août selon le climat. Hors saison, l’abbaye reste impressionnante par sa pureté architecturale (style cistercien dépouillé, voûtes en berceau).

Visite guidée à 8 euros (durée 1 h), librairie monastique sur place avec leur miel de lavande et leur liqueur à base de plantes médicinales. Réservation conseillée en ligne, surtout entre juin et août où les créneaux partent vite.

Spa, piscine et détente : la vraie pause bien-être du week-end

Un week-end détente sans une vraie pause spa, ce n’est pas un vrai week-end détente. Plusieurs établissements du Luberon proposent leurs installations aux non-résidents pour quelques heures ou la journée.

ÉtablissementTarif accès journéeInclus
La Coquillade (Gargas)95 eurosSpa 2000 m², piscine, hammam, sauna
Le Phébus (Joucas)70 eurosPiscine, jacuzzi, soins en option
La Bastide de Gordes120 eurosSpa Sisley, piscines, déjeuner inclus
Hostellerie Le Phébus60 eurosAccès demi-journée

Pour un soin complet (massage californien 50 minutes), comptez entre 95 et 140 euros selon l’établissement. Réservez 48 h à l’avance minimum, les créneaux du week-end partent vite.

Côté plus économique, les Bains de Marseille à Aix-en-Provence (accessibles avant ou après votre virée Luberon) proposent un accès spa à 39 euros pour 2 h, avec hammam traditionnel et bassin tiède.

Quels produits du terroir provençal ramener ?

Repartir du Luberon sans ramener quelques produits dans le coffre, ce serait dommage. Voici la liste de courses idéale pour prolonger le séjour à la maison :

  • Huile d’olive AOP Provence : 18 à 35 euros le litre selon le moulin. Les meilleures cuvées sortent du Moulin Castelas (Baux-de-Provence) et du Domaine Léos (Saint-Saturnin-lès-Apt).
  • Fruits confits d’Apt : maison Marliagues, 14 euros la boîte de 250 g. Les bigarreaux et les abricots confits font les meilleurs cadeaux.
  • Tapenade noire ou verte : prévoyez deux pots, 6 à 9 euros chacun.
  • Miel de lavande AOP : 14 euros le pot de 500 g, à conserver à l’abri de la lumière.
  • Vin du Luberon : variez les couleurs, ramenez deux bouteilles de chaque (rouge, rosé, blanc).
  • Calissons d’Aix : la maison Béchard (cours Mirabeau) reste la référence, boîte de 12 calissons à 18 euros.
  • Fromages affinés : tomes du Ventoux, banons AOP. À consommer dans la semaine.

Si vous voulez recréer l’expérience à la maison, un cours de cuisine provençale à Aix peut prolonger l’apprentissage. Plusieurs écoles proposent des sessions de 3 h autour des classiques (ratatouille, daube, tarte aux pignons).

Quand partir et quel budget prévoir ?

Le Luberon se visite presque toute l’année, mais chaque saison a son ambiance.

Avril à mai : nature en fleurs, températures douces (18 à 24 °C), peu de monde sauf à Pâques. Les coquelicots tapissent les champs, les cerisiers de Venasque blanchissent les vallées. Notre période préférée.

Juin à août : lavande en fleurs (mi-juin à mi-juillet pour le pic), chaleur intense (parfois 38 °C en juillet), foule importante à Gordes et Sénanque. Réservez tôt, le Luberon double sa population estivale.

Septembre à octobre : vendanges, lumières dorées, températures encore agréables (22 à 28 °C). Les marchés débordent de figues, de raisins muscat et de premiers champignons. Excellent compromis qualité-affluence.

Novembre à mars : truffes noires en saison (marchés aux truffes de Carpentras le vendredi matin, à Aups le jeudi), nature à nu, hôtels souvent fermés en janvier-février. Le mistral peut souffler fort. Côté budget, c’est divisé par deux.

Budget moyen pour deux personnes, deux jours et une nuit :

  • Hébergement catégorie premium : 280 euros (1 nuit)
  • Restaurants : 180 euros (2 déjeuners + 1 dîner)
  • Activités (sentier des Ocres, abbaye, spa) : 60 euros
  • Carburant Aix-Apt-Gordes-Aix : 35 euros
  • Achats producteurs : 80 à 150 euros

Total : 635 à 705 euros pour deux. Doublez le budget hébergement si vous visez le luxe (Coquillade, Bastide de Gordes), divisez-le par deux si vous optez pour une chambre d’hôtes simple.

Questions fréquentes sur un week-end gastronomique en Provence Luberon

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Combien de jours faut-il pour bien visiter le Luberon ?

Trois jours et deux nuits restent le format idéal pour profiter sans courir : un samedi marché d’Apt et Roussillon, un dimanche Gordes et Sénanque, un lundi balade dans les villages perchés du sud (Lourmarin, Cucuron, Ansouis). En deux jours et une nuit, vous devrez choisir entre le Luberon Nord (Apt, Gordes, Roussillon) et le Luberon Sud (Lourmarin, Bonnieux, Ménerbes).

Faut-il une voiture pour visiter le Luberon ?

Oui, sans hésiter. Les transports en commun reliant les villages restent rares et peu fréquents, surtout le week-end. Une voiture de location à Aix coûte 35 à 50 euros la journée en formule basique. Le vélo électrique reste possible pour les distances courtes (Gordes-Sénanque, Roussillon-Apt), plusieurs loueurs proposent des journées à 40 euros.

Quel village du Luberon pour un week-end romantique ?

Lourmarin, Ménerbes ou Gordes selon votre style. Lourmarin à un côté village vivant avec terrasses et galeries, Ménerbes est plus calme et perché, Gordes joue la carte spectaculaire avec sa vue iconique. Pour une nuit d’exception à deux, La Bastide de Marie à Ménerbes ou le Mas Les Eydins à Bonnieux cochent toutes les cases (chambre intime, dîner aux chandelles, piscine privée pour certaines suites).

Quels sont les villages du Luberon à ne pas manquer ?

Gordes, Roussillon, Ménerbes, Bonnieux et Lourmarin forment le quintette de base. Si vous avez plus de temps, ajoutez Lacoste (et son château du Marquis de Sade), Oppède-le-Vieux (presque abandonné, atmosphère unique), Ansouis (château habité par la même famille depuis 1000 ans) et Saignon (vue plongeante sur la vallée d’Apt).

Peut-on faire un week-end Luberon avec des enfants ?

Sans problème. Le sentier des Ocres plaît énormément aux enfants (couleurs, parcours ludique). Les marchés provençaux fascinent par leurs odeurs et leurs étals colorés. Plusieurs domaines viticoles proposent des visites pédagogiques pour les familles (Château La Verrerie, Domaine de la Citadelle). Évitez seulement les restaurants gastronomiques en soirée, préférez les terrasses de bistrot dans les villages.

Quand a lieu la floraison des lavandes dans le Luberon ?

De mi-juin à mi-juillet en général, parfois jusqu’à début août selon l’altitude et le climat de l’année. Les champs autour de l’abbaye de Sénanque restent les plus photographiés, mais le plateau de Sault et la vallée de l’Apt offrent des panoramas tout aussi beaux avec beaucoup moins de monde. Renseignez-vous quelques jours avant votre départ, la floraison varie d’année en année.

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